[Coulisses du domaine skiable] Le snowpark de Valloire
Comment fonctionne un domaine skiable ? Comment produit-on de la neige quand elle ne tombe pas toute seule du ciel ? Un pisteur-secouriste passe-t-il toute sa journée à sauver des gens ? Dans les prochaines semaines, nous allons vous faire découvrir les coulisses du domaine skiable de Valloire. Nous commençons aujourd’hui par le Snowpark avec la rencontre de Loïc Messier. Interview.
Q : Présentez vous en 15 secondes chrono !
Loïc MESSIER : Je m’appelle Loïc Messier, je suis responsable du Snowpark de Valloire depuis 5 ans. Ça fait 10 ans que je travaille dans les Snowpark. Avant, j’étais à Tignes.
Q : Qui sont les autres membres de l’équipe du Snowpark ?
Loïc MESSIER : Nous sommes 4 à travailler sur le Snowpark. Bastien, c’est le pionnier. C’est lui qui a commencé à travailler en premier sur le Snowpark il y a une dizaine d’années. Manu, c’est un gars d’ici qui travaille depuis 5 ou 6 ans. Il est accro au Snowboard, c’est par passion qu’il s’est retrouvé à ce poste. Yann, c’est le jeune de l’équipe ! Il travaille avec nous depuis 2 ou 3 ans. Avant cela, il était « perchman ». Nous avions besoin d’une personne supplémentaire et comme il aime bien tout ce qui est freestyle, nous avons décidé de l’intégrer dans l’équipe.
Q : Comment êtes-vous arrivé à ce poste de responsable Snowpark ?
Loïc MESSIER : Je suis arrivé là, parce qu’on me l’a proposé. Je travaillais déjà sur le Snowpark, mais il n’y avait pas de responsable. Nous étions sous la responsabilité du chef de piste. Il y a 3 ans, ils ont décidé de mettre un responsable de Snowpark, parce que nous étions déjà une équipe très autonome. On faisait un peu ce qu’on voulait, donc ils ont mis un responsable pour s’autogérer davantage. C’était aussi plus simple d’avoir une seule personne en contact avec le responsable des pistes, plutôt que 4 à la fois.
Q : Avez-vous suivi une formation particulière ?
Loïc MESSIER : Non, je n’ai pas suivi de formation spécifique, j’ai appris mon métier sur le terrain. Ensuite, j’ai fait un stage de 3 ou 4 jours de conduite d’engins de damage spécialisés Snowpark. Je dirai que c’est un métier assez ouvert qu’il vaut mieux apprendre sur le terrain. C’est un métier libre et varié, nous faisons ce qui nous semble bien au fur et à mesure des saisons.
Q : Quelles qualités doit avoir un responsable de Snowpark ?
Loïc MESSIER : Il faut rester ouvert et être à l’écoute des utilisateurs. Les utilisateurs réguliers nous font des réflexions sur le Snowpark. Ensuite, il faut rester assez cool. Beaucoup de gens font n’importe quoi, et il faut rester calme pour leur expliquer comment ça fonctionne, ce qu’ils peuvent faire ou pas. Le tout sans s’énerver !
Q : Quelle est la plus grosse difficulté de votre métier ?
Loïc MESSIER : Notre principale difficulté c’est la neige. Quand il fait mauvais temps et qu’il neige beaucoup, il devient compliqué de garder le Snowpark ouvert toute la journée dans de bonnes conditions de sécurité. Nous devons fermer certaines zones pour pouvoir les retravailler en pleine journée, ce que tout le monde ne comprend pas. Nous avons des horaires assez flexibles. S’il neige beaucoup, nous nous organisons pour venir plus tôt, dès 4h00 du matin pour damer et faire en sorte que le Snowpark soit ouvert dès 9h00. Pour certain, ça peut être une contrainte de se lever si tôt. Cette année a été particulière, nous n’avons pas été confrontés à ce problème à cause du manque de neige.
Q : A quoi ressemble une journée type de responsable de Snowpark ?
Loïc MESSIER : Nous sommes 2 dameurs sur le Snowpark. Nous travaillons donc à tour de rôle. S’il n’a pas neigé, je commence ma journée vers 6h00 du matin en damant chaque module, de façon à ce que le Snowpark soit prêt pour l’ouverture des pistes à 9h00. Nous ouvrons en priorité les zones pour les débutants, qui sont les zones les plus utilisées. Une fois le damage terminé, nous tournons sur le Snowpark pour observer et assurer la sécurité. Nous vérifions que les filets et matelas sont bien en place, que les modules ne présentent pas de danger, et nous nous assurons qu’il n’y ait pas de secours à faire. Nous n’intervenons pas sur les secours, mais faisons appel aux pisteurs secouristes. Nous faisons aussi un peu d’entretien à la pelle.
En fin de journée, nous fermons les modules et évacuons tout le monde. Il y a toujours quelques personnes qui remontent à pied pour faire un dernier passage. Nous les invitons à regagner la station. C’est tous les jours le même rituel : damage, ouverture des modules, observations, sécurité, entretien et fermeture de la zone.
Q : De qui dépend la gestion du Snowpark de Valloire ?
Loïc MESSIER : Nous travaillons pour la SEM Valloire, tout comme les pisteurs-secouristes et les dameurs.
Q : Est-ce que des bénévoles vous aident ou vous demandent des choses particulières au fur et à mesure de la saison ?
Loïc MESSIER : Oui, cela peut arriver, notamment lors d’évènements. Si nous jugeons que nous avons besoin d’aide, nous faisons appel à des jeunes de la station qui en ont envie et qui aiment ça. En échange, nous leur offrons une réduction ou un forfait qui leur permettra d’inviter un copain par exemple. Ça peut arriver, mais c’est rare !
Q : Qui décide du tracé / modules du Snowpark de Valloire?
Loïc MESSIER : L’ensemble de l’équipe décide du tracé et des modules en début de saison. Nous nous concertons pour faire nos plans et décider ensemble ce que nous allons faire. Nous essayons aussi de prendre en compte les remarques qui nous sont faites par les utilisateurs pour satisfaire au mieux toutes les demandes. Cette année, ça n’a pas été facile d’avoir un beau Snowpark à cause du manque de neige.
Q : Quelle est la question que je ne vous ai pas posée et que vous auriez aimé que je vous pose ?
Loïc MESSIER : J’aimerais profiter de cette interview pour parler un peu de la sécurité. Il y a des règles à respecter dans un Snowpark. Or, il y a pas mal de gens qui les ignorent et se croient sur une piste de ski. Nous leur disons qu’il y a des consignes de sécurité à lire et à respecter, mais ce n’est pas suffisant. Quand on utilise un module, il faut dégager la zone de réception très vite. Les gens ne font pas attention, ils s’élancent sur un module sans avoir pris la peine de vérifier que le précédent est bien sorti la zone de réception. Ça peut être très dangereux. Les utilisateurs ne se respectent pas beaucoup entre eux. C’est dommage ! Certains passent dans le Snowpark pour skier sans faire attention, pendant que d’autres utilisent les modules, il y a parfois des collisions !
Merci Loïc !
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